Tobrouk

(Jonas/M.Godinat)

Wouf wouf aboient les chiens, C’est dingue comme la peur du destin
Pousse à se mettre en groupe et on devient vite comme un fou de foot
Comment veux-tu qu’on se la coule douce, hein?
Quand le voisin a besoin d’un coup de pouce et qu’on se tourne les siens
Comme si coûte que coûte tout se réglait à coups de coudes
Pourtant mes coups de tête sont basés sur des coups de foudre
Dans une jungle de fourre-tout, les mots comme coupe-coupe
Même si pour beaucoup je vole au dessus d’un nid de couillons
Coucou, On grandit en mangeant beaucoup de soupe
En laissant mijoter son bouillon, en persévérant même à bout de souffle
Même si les paupières se boursoufflent
Les yeux comme des soucoupes, toujours rivés sur le brouillon
C’est clair que les pistes sont brouillées, que certains quotidiens sont bouillants
Et que trop souvent les mêmes continuent de douiller
Même si les joues ne sont plus mouillées, y a comme un goût de souffre
Ainsi qu’un doute sous la boîte crânienne, quelque chose à fouiller
Le grain de sable dans les rouages rouillés
Ou celui de couscous qui manque de se noyer dans la choucroute
Entre finir bouche-trou, ou marcher en babouches trouées
C’est choisi une fois pour toute, car la vie est toute courte

Tous dans une course de relais dont personne ne sort vivant
Le tout est de savoir ce qu’on laisse aux suivants
Tous, tous dans le même train, avec pour refrain
Un tchouk tchouk quotidien, un taxi pour Tobrouk

Je veux dénouer les nœuds, renouer avec les vœux
Que j’avais quant à la vie alors que je n’étais que morveux
Ca m’époustoufle, le fardeau qu’on accumule
Alors qu’on a qu’une mule, pour notre petit bout de route
On a beau lever les yeux ou louer les cieux
Trop de poids sur l’essieu fait que ça nous cloue dessous
Puis on fulmine à s’en faire mal les soirs de fool moon
Se sent vampirisé, pour ne pas dire que ça nous troue le cou
Un tumulte qui ne nous appartient pas
Mais qu’on a accueille à bras ouvert, même si ça fout le souk
On lui met un couvert, un cataplasme plutôt qu’une catapulte
Un pataquès de plus qui n’a pas sa place
Du bord de la falaise au gouffre, il n’y a qu’un pas
Du médoc au poison, il n’y a qu’une goutte
Faudra être précis lors du dosage du biberon des bouts de chou
Ou y aura de la citrouille en potage bien avant les douze coups

Yo, bande de bachibouzouks, à bord de mon tuk-tuk
Je pétarade, loin de la pureté du doudouk
On est tous le plouc de soi-même, quand on parade
De l’esbroufe, d’la mascarade, on reste parfois tous en carafe
A se rendre malade, à force de vendre des salades
Faire plus de bruit que les autres, pour hériter d’une écoute sourde
Besoin d’aller faire une petite ballade
Prendre le temps de se rappeler qui nous à passer la balle
Une envie de poser les malles, d’alléger les bagages
D’aller ouvrir la cage qui faisait qu’le zozio chantait mal
Si l’histoire est déjà écrite, comment la raconter?
Le destin on peut l’accueillir ou l’affronter
Tu veux qu’j’te dise quoi, que j’arrête mon discours
Que ma disquette a des dossiers trop lourds, que j’te donne mal à la tête
Certes je rappe ce que j’ai dans l’estomac, que je rumine tout le jour
On me parle de blé, moi qui voulait manger du boulgour