Rose des Sables

(Jonas/C.Chambet)

Frêle pétale, sous un soleil ardent
Un secret qui ne s’étale, mais se ravale au dedans
Au cœur des dunes, tu te demandes si t’as un grain
Ces grands yeux qui m’accrochent te différencient d’un brin
Certains nient ton existence, n’acceptent pas
Que dans leur nid il y ait aussi une certaine résistance
A l’ordre des choses qu’ils appellent naturel
D’ici, cela me semble tellement caricatural
Pourtant ces envies qui te démangent
Tu dois les camoufler, car ta vraie couleur dérange
Une inclinaison qui te rendrait détestable
Pudiquement, je t’ai surnommé rose des sables

Rose des sables, cible des salves
Silhouette au galbe gracile
Sur les pistes sinueuses, petite alouette
Aux grands cils

Rose des sables, pétale qui pédale
Dans les dunes, un soir à mater les étoiles
Dans cette capitale du nulle part, sous la lune
Je t’ai écouté me raconter tes histoires
Me questionner, tu voulais tout savoir
Sur comment c’est là-bas, la façon de percevoir
Ceux de ton espèce, est-ce une maladie?
Un pêché, une bassesse, iras-tu au paradis?
Pardon, je n’ai pas toutes les réponses
Mais pense que l’amour s’amuse à voler en tous sens
Qui a jamais pu décider ce qu’il ressent?
Comme se sentir rose au milieu des ronces

Est-ce qu’une rose des sables peut se faner?
Combien d’années peut-elle rester condamnée
A rentrer son pistil, ravaler sa sève
Serrer les lèvres, taire le chant des amours impossibles
Ainsi puisse-t-il frayer son lit parmi les ergs
Depuis toujours la vie s’amuse à défier les règles
En force ou en douce, c’est en rejoignant la course
Des nuages, qu’une goutte reste fidèle à sa source

Rose des sables, cible des salves
Silhouette au galbe gracile
Sur les pistes sinueuses, petite alouette
Aux grands cils, je te souhaite une vie heureuse