Patchwork

(Jonas/C.Chambet, M.Karcher)

Le jour où t’es apparu, on avait le cœur ouvert
Mais les amants retrouvèrent vite ce qui ne leur a pas plu
Après un séjour au soleil, le ciel s’est couvert
C’est connu qu’après un sprint on est tout raplapla
Comment ça se fait qu’on est resté ensemble tout ce temps
Quand les étreintes avaient surtout une saveur de repoussement
Peut être que quelque part on savait qu’il y avait autre chose
Chez cet autre, même si ça ne sentait pas forcément l’eau de rose
Tu te fermais comme une huitre, moi comme une porte qu’on claque
Le silence se contracte, on reste, mais toujours en fuite
Enfin, on avait chacun nos charniers dans les placards
Notre route aurait très bien pu se finir dans les platanes
Il faut croire que notre histoire a de bons anges gardiens
Donc qu’on ne me dise pas que l’amour ne tient à rien
T’as mis de l’eau dans mon vin, plutôt du vin dans mon eau
Du levain dans mon pain, et un lapin dans mon chapeau

Chanson d’amour patchwork, composé de bric et de broc
J’ai glissé ma main dans la tienne, puis dans la poche arrière de ton froc

C’est vrai, j’ai de la peine avec le romantisme
Je peux être blessant quand je suis en piste, que j’ai bu du rhum
Mes déclarations ne sont pas toujours appréciées, style
« J’regrette pas d’être avec toi même si des fois tu m’as bien fait chier »
C’est ma pudeur maladroite, un peu gauche
Mon humeur rien-à-battre, ma candeur un peu auch
Je mets les pieds dans tes plats végétariens
J’te demande pardon, mais range ta fierté, là c’est pas vrai que t’as rien
T’as mis de l’eau dans mon vin avec ton accent du lointain
Inventé, malgré toi, des mots rigolos, comme plutain
T’as mis du levain dans mon pain, et j’ai pas pris de brioche
Et si tu prends quelques kilos je ne penserais pas que t’es moche

Chanson d’amour patchwork, on tricote comme on peut ses pare-chocs
J’ai glissé ma main dans la tienne, puis dans la poche arrière de ton froc

Je t’ai appris à faire des contrepèteries
Tu m’as appris à la fermer quand ça vaut mieux en contre partie
On n’a pas toujours les mêmes priorités en même temps
Ranger l’appart, ok, mais juste là c’est emmerdant
J’ai du tempéré mes saisons bipolaires
Chercher un équilibre entre l’amour fou et mes p’tites colères
Combien de fois on aurait pu se casser, plus qu’assez
Des échanges qui tombent en panne de sens, même cachés
En plus un type un peu rustre et une donzelle en sucre
Tout pour finir frustrés, mais nos égos ont su se tasser
J’m’arrête moins pour checker des mains, taper des potins avec tous les copains
Et toi t’es prête plus vite, ce qui m’évite bien des trop pleins
Un homme et une femme apprennent à marcher les deux
On reste omelette si l’on n’s’est jamais fait casser les œufs
T’as mis de l’eau dans mon vin ou l’inverse, mais c’est l’ivresse
D’avoir ta main dans mon dos, et la mienne sur tes fesses