Oxymore

(Jonas/N.Silvestrini, M.Godinat)

Méfie toi de l’oxymore, c’est un pléonasme
Complexe, ça va pas plaire aux masses
Drôle d’époque où y a des poules qui mordent
Des eskimos du désert, du pétrole au Pôle Nord
Je barbote de tribord à bâbord
Qu’est-ce qui viendra après, ce qu’on se demande d’abord
Comment se mettre d’accord, tous tellement tiraillés
Qu’on devient son meilleur ennemi, son pire allié
On a croqué la pomme, Steve a bien fait son job
Des jaunes, tués dans l’œuf, vu les conneries qu’on gobe
Réponses toutes faites, sans qu’on se pose de question
Quête de liberté, en état d’arrestation
Mains sur la tête, non, sur le clavier Qwert, Azerty
D’où j’écris ce texte, même si homme averti
Pas encore trouvé l’art et la manière
De faire corps avec mes rêves, mais marre de la lanière
Les envies de voyages du sédentarisme
C’est la main sur la carte postale, les pieds dans la crise
Quitter son bocal est un comportement à risque
Quand c’est normal de chercher la paix dans la rixe
Mais tu le sais, c’est jamais tout noir ou tout blanc
Entre galaxies et trous noirs, la vie c’est souvent troublant
Rêve de trouver le silence, la gueule ouverte
Paradoxe de plus, oxymore qui s’est plus où se mettre

De toutes manières on finira tous occis, on finira tous morts
Ce qui compte c’est ce qui existe, pas le résultat des autopsies
Ce qui persiste et qui transcende les oxymores

Ours bipolaire mal léché sur la banquise
Faut se jeter à l’eau, quoi que les gens disent
Surpasser ses hantises, y aura bientôt plus de glace
On avance ou on coule, mais on ne fait jamais de surplace
Le fossé s’écarte, les cartes sont faussées
Certains sont même prêts à se battre pour bosser
Pour survivre, s’offrent en pâture aux bourreaux
Et s’évadent par les distractions qui filent le barreau
Qui suis-je pour juger avec ma haine à purger
A jouer les purs, y a que moi que je peux gruger
Même quand je parle d’amour, y a une saveur douce-amère
Encore trop de pleurs, trop de peur autour, d’où sa mère la …
Bref, trop d’enfants de Pétain
Garants du pétrin jusqu’à ce que ça pète, hein
Plume dans le goudron pour recycler mes bourdons
Sublimer mes rancunes, plutôt que sortir le gourdin
Couper des cordons, pour me sentir relier
Nommer des conneries pour éviter de les relayer
Sous forme de silences, bien trop bavards
Marre d’hériter d’une générosité trop avare
Tous, les fruits de tant d’oppositions
Attention, funambule sur fil à haute scansion
A contre courant pour trouver un sens à la vie
Jusqu’au jour où la mort m’aura ravi

Les plus belles roses poussent dans la merde, terreau fertile
Premier exemple en tête, les graffitis
Pour respirer, il a fallu trouer la couche d’ozone
Et clouer un type pour pouvoir parler d’amour aux autres
Signatures à récolter pour sujets importants
Envoyées de mon portable, merci le sang du coltan
Nul n’est au clair, et quand j’écris sous la lune
Ce n’est pas à la bougie, mais à l’énergie… nucléaire
A combien le prix d’une éducation?
Grandir dans un pays où les banques taisent les transactions
Les dés sont pipés, moi un peu dépité
Plus j’apprends et plus mes certitudes ont splitté
Forger sa foi dans les brasiers du doute
Chaud comme la guerre froide, ou la mer morte
La terre-mère elle en a vu passer des routes
Des cohortes d’antithèse et n’en est pas à sa dernière
On fait avec les moyens du bord, les barrières
Se mettre en avant tout en restant sur ses arrières
A grands coups de carrières, la montagne a disparu
Mystère de gloires bâties sur la misère des vaincus
Un système qui est la somme de nous-mêmes
De ce que l’on sème, on verra où ça nous mène
Soif d’épanouissement quand un tiers du monde à faim
J’avoue, j’ai pas trouvé le mot de la fin

Oxymore, mot compte double, doux et exécrable
Avec un X et un Y, ça doit valoir des points au Scrabble