Le Large

(Jonas/M.Steiner, C.Schaerer, M.Karcher, C.Chambet, M.Sibille)

Les amis, j’ai largué les amarres en jetant l’encre
Sur une mer de papier, l’oxymore origami
Mis à mal, j’ai plié mes feuilles pour en faire un bateau
Mis les malles à la calle, en haut du mât aucun drapeau
La famille, j’ai sabré le cordon, emmêlé dans les cordages
Depuis que j’ai pris le courant pour port d’attache
Cherchant mon cœur d’apache, continue malgré les naufrages
Rap même sous l’orage, des belles plages en eaux fraîches
Une canne à pêche et une bouteille qu’on lance à l’eau
Est-ce un appel à l’aide ou en absence, Allo
Y a quelqu’un, quelqu’une, quand tout paraît quelconque
Dans une tempête de calculs, je mets les voiles et certains pensent
Quel con ! Désolé je n’suis pas un produit
Laissez- moi m’isoler à mes oreilles vos discours font trop d’bruit
La vie n’a pas d’prix, mais dans quel sens du terme
Je crois que tout dépend de la façon dont tu t’aimes

Lâchez moi la grappe avec vos drapeaux comme attrape-mouches
Bave de crapaud comme cartouche
L’ignorance nous rattrape de partout, couche par couche
Prêts à abattre pour la couleur d’une paire de babouches

En fait je m’en tape que tu m’répètes ce que t’as lu
Je préfère encore que tu m’relates ce que t’as ressenti quand t’as bu
L’abus de conformisme, voile la vue, tue la promiscuité
Les vices face aux refus attendent juste la prochaine cuite
Des fois, je n’crois plus au bien ni au mal
Ni à un camp plus valable, laisse les méchants à Bioman
L’intox se deal au kilogramme, en tonnes, et la foule crie au drame encore
Prie un veau en toc, et se moque que ses idéaux crament
Un sens aigu pour développer des thèmes graves
Plus dur d’identifier ce qu’on veut, que ce qu’on n’aime pas
Aux commandes de mon épave, j’aurais pu brandir le pavillon noir
Ou le drapeau blanc, mais même pas, ça va sans dire
Peine à ressentir quoi que ce soit
Avec toutes ces étiquettes, les quêtes semblent accessoires
Sponsorisées par quoi ? Telle est la question
Je prends le large vers l’horizon car là j’me sens à l’étroit

En pleine brise de la trentaine, dans ma crise, en quarantaine
Peine à prendre mon assise, à déployer mes antennes
Est-ce juste mon problème ou l’emprise d’une époque terne
Please, là j’me sens comme Charlot dans les temps modernes
Besoin d’un bol d’air, trop de bordel
L’heure de changer de bord quand l’atmosphère devient mortelle
Rêve de poser mes orteils, sur une terre sans orgueil
Mais là je suis hors-sol, en orbite, donc assez seul
Pourquoi les différences poussent à l’agression
Serait-ce parce chacun prêche pour sa paresse
C’est la guerre des moutons, qu’importe la couleur
Même si le dicton dit que c’est la même herbe que nous broutons
Arrêtons d’étiqueter, de parler d’équité
Déchiquetant les qualités sous prétexte de savoir qui t’es
Tout est un, un point c’est tout
Et si t’en doutes encore, ben médite un bon coup