Bio

« Jonas raconte des histoires de baleine, s’adresse à un carré de chocolat, bourlingue dans des déserts de fleurs, invente pour nous un kaléidoscope de mirages réels. Il donne l’impression de voyager depuis si longtemps sur « son fil à haute scansion » qu’en l’écoutant on ne remarque même plus l’admirable travail et technicité de la langue, on se laisse tout simplement transporter par sa musique et ses mots… »

Gaël Faye

Jonas, c’est tout d’abord la qualité d’une plume aiguisée qui nous saisit, une signature particulière dans la façon de jouer des mots, de leurs sons et sens, et de détourner l’attendu. Il développe aussi une approche sensible et chirurgicale de la complexité humaine sur des trames sociales, politiques ou intimes. Évoluant dans le rap des années 90 avec le groupe le DUO, c’est ensuite au contact de griots, de conteurs et d’autres artisans de la parole qu’il peaufine son rapport à l’oralité. Mélomane, il sait aussi s’entourer et ses projets font la part belle à la musique. En 2006 il sortait son premier album, Bagages, enregistré en partie en Afrique, qui donna suite au Taxi-Brousse Orchestra, un projet mêlant jazzmen et musiciens mandingues, et qui passa par le Cully Jazz et le Paléo.

Aujourd’hui, Jonas revient avec Oxymore, un album aux textes plus mûrs, aigres-doux, entre dures réalités et tendresse, sur un décor tissé par un piano, une guitare, une basse et une batterie.

Oxymore est, comme son nom l’indique, un album de contrastes juxtaposés. On se ballade sur un chemin de tiraillements intérieurs qui remet en question les savoirs établis. L’enthousiasme qui donnait une certaine force à Bagages, le premier opus de Jonas, s’est estompé pour laisser place à un sens critique qui n’abandonne pas pour autant les rêves.
Les textes, qui y sont le fil conducteur, viennent questionner des soi-disant évidences de façon analytique et poétique à la fois. Le doux devient amer, l’amour révèle ses côtés sombres et la mort invite au lâcher-prise. Clamer ses ressentis ne serait-ce pas aussi une manière de chercher le silence ? Il s’agit là d’un album de deuil et de désillusions, qui a macéré pendant les neuf années qui le séparent du premier, et qui pourtant continue à insuffler de la vie, justement là où l’on ne veut pas toujours regarder. Sur le plan musical, le velouté du grand piano taquine l’insolence de la guitare électrique sur une rythmique basse-batterie bien rôdée. D’un titre à l’autre, on vogue à travers des références diverses tout en gardant une cohérence et des points de rappel, tissant ainsi un petit univers. Jazz, blues, pop, rock ou titillant le classique, les styles se lient surtout par la synergie des musiciens qui ont enregistré en simultané après avoir déjà mûri le répertoire sur plusieurs scènes. Cette démarche qui incite à l’urgence, renforce et soutient celle déjà recherchée par les textes. Il y a également quelque chose de cinématographique dans Oxymore, où les instrumentistes tissent un décor, et la voix, celle d’un narrateur, nous plongent dans des histoires.
Cédric Schaerer est un pianiste, claviériste et compositeur qui s’est engagé sur la voie du jazz, des musiques latines, ainsi que des grooves afro. Il mène en parallèle deux projets, Suidi’s, un sextet qu’il a conduit jusqu’au Bénin pour partager la scène avec l’Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou, et Organic Flowers, un trio où il y joue de l’orgue.
Mathieu Karcher a baigné dans différents styles avec sa guitare, tout d’abord le pop-rock au sein du groupe Kolo, mais également dans la funk, le reggae, l’afro-beat et la musique mandingue accompagnant des artistes comme Kara ou Maciré Sylla. Il se distingue par son écoute et sa capacité de se mettre au service de la musique, faisant de lui un vrai créateur de décors, tout en se permettant par sa technique et son jeu de prendre l’avant de la scène.
Christophe Chambet sillonne la planète avec sa basse depuis de nombreuses années, que ce soit avec Erik Truffaz, Moncef Genoud, Alain Bashung, André Manoukian ou Youssou N’Dour, pour n’en citer que quelques uns. Également compositeur, il signe trois titres sur Oxymore, amenant une bonne partie de la patte blues-rock.
Si Maxence Sibille est principalement appelé dans des projets jazz où il se distingue, son sens du groove précis et la qualité de son jeu font de lui un batteur demandé par tout type de formations. Tournant principalement avec Thatpork ou Gautier Toux Trio, il a joué tant au côté de Flavio Boltro, Didier Lockwood ou Malcolm Braff qu’avec Trip In, groupe de rap électro-acoustique.